Nombre total de pages vues

vendredi 31 octobre 2014

Chapitre 4 : Baston !



- Fas-y ! F’est bon ! Lâchez-moi !
Nous venions d’arriver devant les grilles du lycée Feyder, nous à pinces, Virginie Grosseins, comme toujours, s’extirpait du gros 4X4 de sa daronne, un truc monstrueux probablement conçu pour faire bobo au trou de la couche d’ozone.
Un sacré phénomène, la mère de Virginie.
Un traité de chirurgie esthétique à elle seule. Y a pas un bistouri dans la région qui ne l’avait pas rafistolée sous toutes les coutures. On aurait dit qu’elle ne supportait pas la concurrence de sa fille. Quand Virginie avait commencé à prendre du bonnet, sa mère avait carrément fait doubler la taille des siens. Style : « c’est encore moi qui commande à la maison ! »
Mais le pire, c’était sa bouche ! Un bonheur pour avocats véreux certains de toucher le pactole en faisant procès sur procès au chirurgien qui devait l‘avoir charcutée sous l‘emprise de substances illicites. Deux grosses limaces proéminentes d’une teinte écrevisse carbonisée, cernées d’un trait noir. Je passe sur le visage cireux et forcément inexpressif. Quand elle essayait de sourire, c’était pire qu’une séance de musculation intensive.
Bref, on l’avait surnommée La Lolo Ferrari. (LLF, pour les affranchis).
Momo aimait bien.
- ben quoi ? Elle a du style sa daronne ! Une bombe atomique, nous répétait-il souvent.
Mouaich… Les gouts et les couleurs.

En attendant, le gros Hammer de madame Grosseins était reparti dans un panache de fumée forcément toxique, après avoir largué son colis. La circulation pouvait enfin reprendre dans la rue Henri Wallon, faisant ainsi taire la symphonie des klaxons énervés.

Sur le trajet entre la rue et le lycée, se tenaient les trois frères Christini.
Je les avais surnommés les trolls.
La même tronche, la même dégaine, le même look improbable.
Trois jumeaux parfaitement identiques jusque dans leur mimique.
- Pas des jumeaux, des triplés, m’avait un jour corrigé Thomas.

Je vous présente les frères Christini.
Avec eux dans les parages, il pleut des
embrouilles comme des morpions sur
une boite de fenouil.


 Ces trois types là, je les aimais pas trop. D’ailleurs personne ne les appréciais. Des cherche-embrouilles en puissance. Virés du lycée l’année passée avec à leur actif une bonne collection de redoublements, ils continuaient pourtant à roder autour des grilles, attirés comme par un aimant. Ils devaient à peine avoir 18 balais mais on pouvait leur en donner facilement le double. Et oui, ça déglingue le pastaga au petit dej surtout quand tu consommes le produit depuis l‘âge de 9 mois. ( Ça a la couleur du lait, mais à déconseiller dans le biberon des marmots, et tant pis pour la diversification alimentaire.).  Ils étaient assez beaux gosses malgré leur tronche ravagée par l’acné. Faut dire qu'ils n'avaient pas forcément percuté que l'eau précieuse n'était pas une marque de boisson désaltérante.
 C’était rare de les croiser au petit matin. En principe, leur horaire de prédilection c’était plutôt la fin des cours. Mais là, va savoir, les trois galériens n’avaient probablement croisé aucun boloss à racketter dans le premier train qui les ramenait au bercail après une virée sur Paname. Du coup, ils avaient tout naturellement choisi d’aller faire  un petit tour sur leur terrain de chasse de prédilection avant d’aller siroter un ou deux apéros bien mérités en guise de petit dej.
On aurait dit des rockabillys des années yéyé. Réchappés de retour vers le futur ou d’une pochette de disque des chaussettes noires. Au choix : soit hyper à la ramasse niveau  look soit, au contraire, carrément en avance sur leur temps. La panoplie complète : Perfecto avec chaines, clous, et tout le tralala,  Jean slim replié sur des tiags à bouts pointus, lunettes noires, (Tiens, j’ai oublié ce détail sur l’illustration…), et bien sur, la banane tellement gominée qu’on la croirait enduite de goudron. J’allais oublier la clope au bec. Le détail qui leur donnerait le cancer plus tard mais qui, pour le moment confirmait juste que ces mecs-là, c’étaient des dur-à-cuire.
Le tableau avait de quoi faire sourire, sauf que les frères Christini étaient tout sauf des clowns. (Ou alors version Halloween.). On la sentait bien d’ailleurs cette aura de crainte qu’ils inspiraient. D’un coup, les garçons parlaient moins fort, les filles avaient cessé de glousser bruyamment. On voyait même de-ci de-là des groupes qui s’écartaient doucement de peur d’attirer leur attention.
Et ces maudites grilles du lycée qui ne s’ouvraient pas…

- Lâchez-moi ou j’appelle ma mère !
La trajectoire de Virginie avait malheureusement croisé un obstacle de taille ce matin-là. Les frères Christini avaient jeté leur dévolu sur notre camarade de classe. Donc, la situation allait bientôt dégénérer. (CQFD).
On ira au Baston, Baston, comme le prolo va au charbon !
(Renaud : Baston 1980)
- Ta mère on lui fait bouffer son slip, avait répondu l’un des trois sauvageons avant d’émettre un son étrange qui ressemblait au rire d’une hyène.
Tout s’est alors passé très vite.
Je revois encore le poing de Momo qui se ferme.
Les grands yeux de Thomas qui venait de comprendre.
J’avais laissé tomber mon sac pour tenter de rattraper mon pote, mais c’était trop tard. Il avait déjà sauté sur le Christini qui serrait le poignet de Virginie.
- Momo, fais pas le…
Les trolls mesuraient bien deux têtes de plus que Momo. Côté carrure, difficile à dire avec les perfectos. Par contre, les slims laissaient deviner une certaine musculature. Pas phénoménale, mais quand même.
Momo, lui, pouvait compter sur sa rage et sa rapidité.  Sans compter la surprise qui lui donnait un modeste avantage.
- Marceau, qu’est-ce que tu fais ? M’avait demandé Thomas, regard exorbité.
C’est vrai ça, qu’est-ce que je faisais ?
"Non, moi f'est Virginie, pas Adrienne.
Pas grave, fa doit être le ftreff."
Sans m’en rendre compte j’étais en train de suivre Momo, j’étais déjà, que je le veuille ou non, impliqué dans la bagarre, vu que je venais de franchir le périmètre de sécurité fictif qui la délimitait. Sérieux, je me suis surpris. Je suis loin d’être un casse-cou, mais j’avais agi comme un automate.
- Coucou Virginie, fis-je avant de balancer mon pied dans un tibia fin qui se déroba aussitôt.
Après, ben, les choses se sont naturellement corsées. Surtout pour moi. Momo, lui, assurait, il avait déjà mis un frangin à terre, un peu grâce à mon intervention quand même.
Il y a une règle d’or dans une bagarre : Toujours se focaliser en premier sur l’adversaire le plus costaud.
Ouais… Un règle que les deux Christini encore debout ignoraient.
J’ai pris cher !
Mon rôle dans ce qui suivit se limita à tenter de me protéger des coups, tandis que mon pote s’acharnait à éplucher une banane gominée à outrance. (Une petite fringale, Momo ? L'heure du casse-croute ?).
Je n’ai pas perdu connaissance, mais presque. A un moment, je pense que j’ai déconnecté un peu. Un long bourdonnement dans ma tête alors que les cris alentours s’étaient éteints.
Quand j’ai repris pied, Un peu comme dans un nuage cotonneux, les poings toujours serrés devant mon visage, j’ai vu Virginie, plantée là, me fixant avec incrédulité, les deux mains devant sa bouche, les yeux humides de larmes, ébahis.
- Marfeau…
J’ai essayé de lui répondre par un sourire, mais je pense que ça ressemblait plutôt une vilaine grimace. J’ai levé mon pouce en l’air, comme dans les films avec Bruce Willis après qu’il ait butté tout le monde, comme pour dire :
«  Tout baigne, poupée ! »
Sauf que j’étais bien incapable de dire quoi que ce soit. A peine si j'arrivais à reprendre mon souffle.

Tiens, j'ai le même défaut de prononciation que
ma copine Virginie pour le coup !
- Ça va mon garçon ? Hé, ça va ?
C’était la grosse voix de Mr Betjol, le surveillant, qui venait de me remettre sur pieds. J’avais envie de l’embrasser sur sa grosse bouche, mon sauveur.
A coté, Mr Ramirez, un autre surveillant avait ceinturé Momo qui se débattait comme un damné, essayant d’échapper à l’emprise aguerrie pour se lancer à la poursuite des trijumeaux gominés qui avaient détalé comme des lapins dès l’arrivée des renforts.
Au loin, les clones d’Elvis tendance James Dean au rabais avaient stoppé leur fuite juste avant de bifurquer dans l’allée Carpeaux qui menait à la cité des Presles.
- Souviens-toi d’nous, p’tit, on est les Christini, avaient-ils crié comme une menace avant de disparaitre.
Et comment que je m’en souviendrais… Il était évident que je les croiserais de nouveau sur mon chemin ces trois là. Et je n’osais pas imaginer le sort qu’ils me réserveraient ce jour là.
Mais pour l’instant, je savourais juste les grands yeux noisette de Virginie qui me dévisageaient tellement fort que j’avais l’impression qu’ils allaient me transpercer.
Virginie dans sa petite robe rose, ma préférée.



Ah, ça ! Une bien belle journée qui commençait.

mercredi 29 octobre 2014

Victoria Grosseins

Victoria Grosseins adore le pognon.
mais bon, c'est juste pour assouvir sa passion du shopping.


Difficile de rivaliser avec sa propre fille.
Pourtant, Victoria Grosseins a décidé de ne pas lâcher l’affaire.
Alors que Virginie s’est vue octroyer une ravissante paire de melons par mère nature depuis son retour des grandes vacances, sa daronne, elle, s’est offert une belle paire de pastèques, limite abusées, rapport à sa petite taille.
« Hé oui, ma fille, à ce petit jeu là, je serai toujours gagnante ! »
Ses prothèses mammaires ont du être moulées dans le nez d’un airbus A380. Son chirurgien attitré, à Marrakech,  a bien tenté de la dissuader, mais peine perdue.
Quand Victoria a une idée derrière la tête, hors de question qu’elle s’assoit dessus.
C’est comme son dernier lifting en date.
Sûr que de loin, elle fait carrément vingt ans de moins que l’âge indiqué sur son permis de conduire périmé.
Mais si vous faites un zoom-avant, c’est une autre paire de manches.
Impossible dorénavant d’afficher la moindre expression.
Faut pas trop qu’elle traine devant le musée Grévin, sinon elle risquerait d’y passer la fin de ses jours.
Et les lèvres, sérieux ! Ça se fait pas ! On dirait un boxeur, à la fin du dernier round !
Victoria fume comme un pompier et se tape une bouteille de William Lawson par semaine. (Du lundi au vendredi. On compte pas le week-end où elle carbure au Jack Daniel’s.)
Ce qui lui donne une voix éraillée un peu à la Macha Béranger.
Son idole, c’est Kim Kardashian dont elle collectionne tous les articles découpés sur Closer dans une boite de Louboutins modèle Pigale. Son rêve, c’est habiter à Hollywood, dans une grande propriété avec piscine et hélico sans oublier le garage immense dallé de marbre où elle rangerait ses gros Hammers alimentés au charbon tellement ils crachent une fumée noire et opaque.
Victoria conduit un peu comme elle s’habille.
Provoc à fond les gaz.
A grand renforts d’invectives et de gestes obscènes.
Le code de la route, pour elle se résume à : « Je passe et j’t’em…de ! »
Si tu la croises sur la route, un bon conseil, mets-toi sur le bas-côté.
Si tu traverses sur les clous alors que son 4X4 s’engage dans la rue, vérifie que tu as bien ta carte de groupe sanguin dans ton portefeuille, pour les futures transfusions.
Victoria ne travaille pas. (Non, le shopping n’est pas une profession.).
Son ex-mari, chirurgien dentiste de renom, subvient à tous ses besoins.
Sur la pose d’un bridge à 4800 euros, 57% revient à son ex-épouse !
Il en pose une quinzaine par semaine. Je vous laisse faire les comptes.
Victoria pourrait se payer un somptueux loft à Neuilly.
Mais obligée de se contenter d’un spacieux 4 pièces dans une résidence moyen standing à Pierrefitte en face du cimetière.
Hé oui, Elle collectionne les stilettos à semelle rouge. Au moins deux paires par semaine.
Si on ajoute les deux paquets de clopes quotidiens, les voyages réparateurs à Marrakech, la garde robe digne d’une collection de haute couture, les dépannages hebdomadaires de son gros Hammer, (Tôle froissée.).
Ça lui coute un bras tout ça!
Faudra qu’elle envisage bientôt de demander une petite augmentation à son ex-mari.
Ah oui, j’avais oublié les frais d’avocat.
Victoria s’est récemment engagée dans la politique. Elle distribue des tracts tous les dimanches sur la place du marché.
Mais là, je préfère ne pas vous en parler, je sens que ça va encore m’énerver !

dimanche 26 octobre 2014

Chapitre 3 : Un rêve chelou.




- Hé, les mecs, vous savez quoi ? J’ai fait un rêve chelou, cette nuit. C’était carrément flippant…
- On appelle ça un cauchemar, me rétorqua Thomas, très à cheval sur la sémantique.
- Oui bon, comme tu veux, un cauchemar. Et vous voulez que je vous le raconte ?
- Mouaich, vas-y, accouche, me répondit Momo, avec un enthousiasme tellement encourageant que j’ai failli laisser tomber l’affaire.
- Tiens, au fait, Momo, je te rends ton SAS. C’est franchement crade ton truc.


... Un peu plus quand Momo décidait de faire un petit détour par chez Bébert, l'épicier du coin ouvert 24/24, pour lui subtiliser un ou deux paquets de têtes brulées, ses bonbecs préférés.

Nous étions tous les trois sur le chemin entre l’arrêt de bus et le Lycée. Vingt bonnes minutes à pied. Le jour se levait doucement, et nous venions de comprendre que l’été avait définitivement replié bagages, faisant place à l’automne et ses matinées froides et brumeuses.
- Ah ouais ? T’as pas kiffé ? Le passage avec les deux bonnes sœurs qui…
- Je le raconte ou pas mon cauchemar ? J’avais interrompu Momo au bon moment. Ça me choquais des fois, quand il sortait des trucs salaces à côté de Thomas.
On avait tous les trois le même âge. Sauf Thomas qui étais en avance d’une ou deux année scolaires. Mais autant il ressemblait à un petit chérubin, autant Momo pouvait passer pour un mini bonhomme. Tiens, s’il avait sorti une clope et se l’était fourrée dans le bec, je n’aurais même pas été surpris tant cela collait au personnage. Ce matin-là, Momo avait fait des efforts vestimentaires qui lui vaudraient certainement une ou deux heures de colle supplémentaires si monsieur O. Piquet le proviseur, trouvait un créneau encore disponible. Il cherchait les coups. Comment ses darons avaient-ils pu le laisser partir au lycée avec un teeshirt exhibant un gros doigt tendu avec marqué « j’t’em…de ! » en dessous.

Et quatre heures de colle ! Y a pas, tu cherches, Momo !

- oui, raconte nous ton cauchemar, m’avait dit Thomas qui semblait sincèrement intéressé.
Momo marchait devant et faisait style celui qui n’écoutait pas. Il shootait rageusement tout ce qui se présentait à ses simili air max neuves mais déjà miteuses. Cailloux, canettes vides, crottes de chien sèches, rien n’échappait à ce pseudo numéro 10, rebelle jusqu’au bout des orteils.
- Bon, j’étais dans ma chambre et…, commençais-je, avant d’être interrompu par mon pote qui venait d’envoyer un projectile d’un coup de pied maitrisé direct dans la calandre d’une Semic de la police toute sirène hurlante. Heureusement pour lui, elle ne s’était pas arrêtée.
- Normal si tu rêvais, t’étais forcément dans ta chambre. Faut dormir pour rêver.
Pas faux, sauf que :
- Oui, mais là, je rêvais que j’étais dans ma chambre.
- T’as des rêves chelous, mec…
Oui, j’avais prévenu.
- Ne lui prête pas attention, Marceau, vas-y, raconte la suite, m’encouragea Thomas.
- Donc, j’étais dans ma chambre et un monstre, ou je sais pas quoi, mais c’était un truc terrifiant, essayait de défoncer ma porte. Punaise, ça faisait Boum ! Boum ! boum ! Comme des coups de bélier.
- Ha! Ha ! Un bélier qui voulait défoncer la porte de mon pote Marceau. Bêêêê !! Bêêêê ! C’était ta daronne qui venait te faire un p’tit bisou ?
Je ne prêtais pas attention à la vanne bien placée du subtil Momo et j’enchainais.
- Y avait au moins dix verrous à ma porte, des gros verrous avec des chaines, et je les voyais céder les uns après les autres à chaque coup de boutoir. En commençant par ceux du bas.
Boum ! Boum ! Boum ! J’étais sur mon lit et sérieux, j’avais la flippe.
- habillé ou en pyjama ? Me demanda Thomas.
- Comment ça habillé ou en pyjama, j’en sais rien moi, c’était dans un rêve, Et dans un rêve, tu te vois pas, enfin bref, c’est pas important. Le plus important c’est que le dernier verrou allait céder, et que je ne voulais surtout pas savoir ce qui allait rentrer dans ma chambre.
- Nabilla en bikini, essaya Momo sans réponse de ma part.
Hé, Momo, c'est mon rêve ! Alors, la bimbo en bikini, tu la dégages de là tout de suite !

- j’ai bondi du lit et j’ai ouvert le placard pour m’y planquer.  Sauf que dans le placard, y avais un énorme puits et je suis tombé dedans, au moment même où la porte explosait.
- Et donc, t’as pas vu Nabilla rentrer dans ta piaule. C’est dommage, tu lui aurais demandé une photo dédicacée…
- C’est souvent, dans les rêves, On tombe dans une chute sans fin. Il parait même que ça a une signification. Il faudrait que j’étudie ça. Freud, si mes souvenirs sont bons, avait une hypothèse, tenta Thomas.
Mais personne, en tous cas pas moi et encore moins Momo, n’avait envie d’entendre Thomas soliloquer des plombes sur les théories foireuses du mec Freud.
- Vas-y, Marceau, enchaine ! On veut connaitre la chute, l’ avait coupé dans son élan un Momo décidemment en grande forme ce matin.
- Ok ! Ok ! Je tombais, Je traversais des nuages…
- Superman en slip, fit Momo en imitant, poing brandi en l’air, le super héros sus-cité.
- En bas il y avait un autre monde.
- Je rêvais d’un autre monde, chantonna Momo, grand amateur de tubes antédiluviens, en mimant un guitar héro à trois balles devant sa Wii.
- Un monde pas comme la banlieue, on aurait dit la campagne, avec des collines, des petits bosquets, et des falaises qui donnaient sur une mer toute sombre. Plus je m’approchais du sol et plus je voyais où j’allais m’écraser. Une clairière au beau milieu d’un bois, avec au centre un gros rocher, comme un menhir. Sur le menhir, y avait écrit…
- NTM, n…e la BAC !

Y avait des trucs chelous écrits sur le gros menhir, un peu comme des tags tracés au stabylo vert fluo.

- Momo, tu n’es pas sympa, avait tenté de protester Thomas. Ton rêve, il est intéressant, Tiens, tu sais quoi, Marceau ? Ça ferait un bon début d’histoire.
Ah oui ? Sérieux ?
Merci Tomtom.
Je n’y avais pas pensé.
Hier soir, après avoir longtemps discuté avec ma mère, des filles, des préservatifs, des MST et autres joyeusetés qui vont avec le passage de l’enfance à l’adolescence, je m’étais remis à l’écriture de mon roman.
Remis est un bien grand mot, puisque je n’avais pas été plus loin que ce maudit Chapitre 1 perdu en haut de l’ écran.
Thomas, mine de rien venait de me débloquer.
Simple, évident. J’avais le début de mon histoire.
J’étais impatient d’être à ce soir, où je pourrais enfin en commencer la rédaction.
Sauf que cette journée qui s‘annonçait pourtant banale allait connaitre des rebondissements bien imprévus.

vendredi 24 octobre 2014

Chapitre 2 : Message dans le placard.



Scrogneugneu !
- Marceau ! C’est quoi ce bazar ? Les pompes qui trainent dans l’entrée, Le verre de coca sur la table ! Les miettes partout ! La télé qui marche on se demande pour qui ? J’adore quand je rentre du travail et que je dois tout me taper le rangement ! Fais un effort, mince, je demande pas la lune, moi aussi je suis crevée après une journée de boulot !
Je vous présente ma mère.
Quand elle rentre du taf, elle râle. Une sorte de rituel.

- Désolé, m’man, je fais mes devoirs.
Heu, petit mensonge, là. Je venais de finir le bouquin de monsieur Paturot et j’avais décidé de ne pas attendre d’être plus grand pour commencer à écrire mon roman. Internet toujours en rade, c’était donc l’occasion ou jamais.
Et si ma mère montait à l’improviste dans ma chambre, force serait de constater que, non, maman, tu vois, je ne suis pas en train de geeker sur un jeu vidéo, l’écran de mon ordi affichant une page words sobre comme preuve de mon sérieux. Moi triomphant, visage angélique de lui annoncer : « Tu vois, m’mam, je bosse. On doit écrire un roman pour l’école. »
Hé ! hé ! J’avais tout préparé.
Mais pour le moment, ça s’agitait en bas. Remue ménage dans la cuisine, placards qui claquaient bruyamment, Lave-vaisselle qui se mettait en route. Ah, tiens, TV qui s’éteignait. Une nuisance sonore de moins. C’est vrai que j’abusais un peu. Mais bon, un ado qui range ses affaires c’est déjà presque un vieux, non ?
Avec toute cette effervescence à l’étage du dessous, c’était un peu difficile de se concentrer.

Chapitre 1 :
Voilà tout ce que j’étais parvenu à écrire après une bonne heure planté devant le clavier. Pas évident le métier d’écrivain.
Pourtant, je l’imaginais déjà, la couv de mon futur bouquin. Un super dessin avec des créatures magiques, des fées un peu dévêtues, mais pas trop. Juste assez pour titiller le lecteur.
Le titre en grosses lettres gothiques : Le royaume des fées.
Et juste au dessus le nom de l’auteur : Marceau Martin. Moi.
Un drôle de prénom au passage.
Marceau : On appelle ça un retro-prénom. Oublié et tombé en désuétude puis remis au goût du jour par des parents un peu bobos qui cherchent à tous prix l’originalité.
Moi, il me plaisait bien, mon prénom. Enfin, je m’y étais habitué. Et puis ça changeait des Kevin, Bryan, Lucas, Enzo, Jules qui s’étaient multipliés comme des petits pains dans la cour de récré depuis quelques années.
Marceau :  Non, je ne venais pas de la planète Mars, je n’habitais pas à Marseille et je n’étais pas né, non plus durant le troisième mois de l’année. Et je vous rassure, je n’étais pas muet, ça c’est une lapalissade.
Marceau, Le royaume des fées. Sérieux, ça claquait, non ?
Bon, j’avoue, un peu pompé sur le titre du bouquin de Mr Paturot. Mais ce titre s’était imposé à moi comme une évidence. Il était arrivé tout seul, comme par magie, sans même y réfléchir.

Pas facile de commencer un roman...

Chapitre 1 :
Par quoi commencer ?
Il était une fois…
Non, trop classique.
Un jour, le héros…
Tiens, ça me faisait penser que je ne savais même pas comment j’allais l’appeler mon héros.
Ni même à quoi il ressemblait.
Et encore moins ce qu’il était.
Un garçon ? Une fille ? Un enfant ? Un ado ? Un adulte ?
Si c’était un adulte, il fallait lui donner une profession, un passé, une histoire avant l’histoire.
Non, trop compliqué. Sans compter que pour moi, le monde des adultes, c’était le truc le plus barbant  qui soit !
Allez hop ! Mon héros serait un ado. Comme ça, on esquivait le problème du passé et des antécédents.
Avant d’être ado, mon héros était enfant, et encore avant, ben, il était pas né !
Fastoche, non ?
J’avoue, c’était la solution la plus commode. Mais je savais que j’aurais largement l’occasion de complexifier les choses par la suite.
D’abord poser des bases simples. Une fondation solide.

Chapitre 1 : Un jour, le héros, du nom de…
Du nom de ???
Mince ! Comment j’allais l’appeler ce héros ado?
A ce moment, je m’étais mis à la place de mes parents qui devaient choisir le prénom de leur futur rejeton, ma pomme en l’occurrence, et je pense qu’ils avaient du bien galérer. Avant même de naître, je leur avais déjà donné des cheveux blancs. Désolé, pas ma faute ! Nom coupable votre honneur. (Pas mal le jeu de mot à la ligne du dessus, non ? Ok, je recommencerai plus !).
C’est bien sympa ces petites digressions, mais en attendant, toujours pas de solution à mon problème.
Et même pas de Google pour me venir en aide.
J’avais lu, un jour, quelque part, sans doute dans une vielle revue qui trainait dans les toilettes, que la plupart des auteurs s’inspiraient de leur entourage pour définir leurs personnages.
Pourquoi pas ?
Si des astuces existaient pour donner un coup de pouce à ma créativité un peu défaillante, autant en profiter.
Alors, voyons lequel de mes proches pourrait me servir de canevas pour mon futur héros.
Thomas ?
Avec ses cheveux roux, ses taches de rousseur, ses grosses lunettes qui le faisaient ressembler à un hibou, son allure chétive et sa ventoline, non, impossible. Eliminé d’office. Désolé Thomas.
Momo ?
Une petite boule de nerfs, un démon se dissimulant sous un visage d’ange, un électron libre, incontrôlable, toujours premier de la classe pour les bêtises, mention très bien en section recherche et développement d’instruments improbables pour faire péter les plombs de madame Touffaux, la prof de physique/chimie.
Sacré Momo.
Mais comment faire de lui mon héros alors qu’il passait la plupart de son temps chez Mr O. Piquet, le proviseur du lycée, ou collé tous les samedis de 8 heures 30 du mat à 16 heures 30…
Non, décidemment, un planning bien trop chargé pour devenir le personnage principal de mon roman.
Virginie ???
La belle Virginie.
Heu… Non. Virginie est une fille.
Et puis, j’y connaissais pas grand-chose en psychologie féminine. Et de toutes façons, j’avais décidé que mon héros serait un mec. Point barre.
Merci les amis.
C’est cool de pouvoir compter sur ses potes pour vous sortir de la galère.
Toc ! Toc !
- Je peux entrer ?
Ma mère. Elle frappait, elle ouvrait la porte, elle rentrait dans ma chambre et elle demandait si elle pouvait entrer. A chaque fois la même chose. Bonjour l’intimité !
Penser à investir dans un verrou. Un gros verrou. Je la croyais capable d’essayer de défoncer la porte si elle ne s’ouvrait pas illico après le premier toc.
- Tu fais tes devoirs, mon chéri ?
Tu parles, penchée sur l’écran de l’ordi, pour vérifier que je n’étais pas au beau milieu d’une partie de jeu vidéo, c’était tout ma mère, ça. L’inquisition. Il n’existe pas un manifeste de l’adolescent pour faire valoir ses droits ? Non ? Ben faudrait l’inventer.
- Oui M’mam, On doit écrire un roman, pour l’école. Et je viens de commencer. (comme tu peux le voir !)
Voilà, le mini mensonge était sorti. Tout de go. Sans la moindre hésitation, ce qui m‘aurait valu un regard soupçonneux. Je ne mens quasiment  jamais, mais là, c’était pour la bonne cause.
- Mon petit Victor Hugo, Un roman… Et tu t’en sors ?
- Oui, c’est juste le nom de mon héros. Je n’arrive pas à me décider.
- Ton héros, c’est un garçon ? Une fille ?
- Non, pas un fille, un garçon. Un ado comme moi et…
- Tu n’as qu’à l’appeler Marceau s’il est comme toi.
- Mais, m’man, c’est impossible, je n’ai pas le droit, je ne peux pas appeler mon héros comme moi.
- Et pourquoi pas ? C’est toi le maître de ton histoire. Tu as tous les droits. Dans le pire des cas, si le nom te pose un problème, tu pourras le changer par la suite.
Ma mère avait ce don exceptionnel. Démêler les situations inextricables d’un simple claquement de doigts.
Règle numéro un : En tant que maître de mon histoire, j’avais tous les droits.
Mon héros ado s’appellerait donc Marceau.
Il m’obéirait au doigt et à l‘œil.
Si je décidais qu’il allait à droite, il irait à droite.
Si je voulais qu’il aille à gauche, qu’il marche en boitant, et voire même en imitant le moonwalk de Mickael Jackson, il s’exécuterait sans état d’âme.
Tiens, peut-être même que je le ferai voler. Il est libre Marceau, y en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler. La chanson préférée de maman.
- Et il parle de quoi ton roman ?
Pour le moment, l’écran de l’ordinateur affichait juste un pauvre « chapitre 1 » perdu tout en haut de la page words.
A cet instant de l’interrogation de ma mère, je n’avais aucune, mais alors aucune idée de l’histoire que j’allais écrire.
Pourtant, pirouette non calculée, je lui répondis du tac au tac sans aucune tergiversation.
- c’est une histoire fantastique. Le héros un ado, normal, comme moi, doit sauver le royaume des fées, menacé de destruction massive par des créatures maléfiques.


Je l'imaginais déjà la couv de mon roman.
Sauf que j'avais aucune idée de quoi il parlerait.
Des fées. Un peu sexy.
Ouais, bonne idée ça !


- Hum… un peu comme dans le livre de monsieur Paturot ?
La claque . Le coup de boule. La balayette sournoise de ma daronne, affichant un demi sourire lourd de sens tout en me fixant sans sourcilier.
Pas fairplay.
Qu’est-ce que vous voulez répondre à ça ?
- Tu… Tu l’as lu ?
- Disons que je l’ai parcouru. Il semblait tellement te passionner. C’est normal que ta maman s’intéresse aussi à ce que tu lis.
Mais oui, c’est ça.
Inquisition 2, le retour. C’était surtout pour vérifier que je ne lisais pas des trucs trop adultes avec des scènes un peu cochonnes, comme dans les livres du père de Momo.
Un peu old school, ma daronne. Très protectrice.
J’avais bientôt 15 ans quand même.
Et puis j’en avais déjà lus des bouquins interdits. (SAS, la brigade des mœurs, Blade). Enfin, juste les séquences sélectionnées par mon pote. Mais contrairement à lui, ça ne me plaisait pas plus que ça.

- Il y a quand même des passages un peu difficiles pour ton âge, non ?
Nous y voilà.
- mais bon, c’est une belle histoire. J’ai adoré aussi, enchaina-t-elle de suite.
Ouf. Ce soir, Marceau, 15 ans, presque un homme, n’aurait pas le droit aux sempiternelles recommandations concernant les filles, les préservatifs, les MST, et tous ces problèmes qu’on a pas du tout envie d’aborder avec ses parents, et surtout pas avec sa mère.
Un peu de pudeur, quoi !
Heureusement qu’elle n’était pas tombée sur le dernier SAS que m’avait refilé Momo. Celui-là était bien planqué au beau milieu d’une pile de  tee-shirts dans l’armoire. Aucun risque qu’elle ne le trouve.
- En tous cas, je préfère que tu lises ça plutôt que le bouquin dégoutant que tu caches dans l’armoire. Hein Marceau ?
Punaise…
Armageddon !
Coup de boule dans le plexus !
Il allait me falloir non seulement un énorme verrou, mais également une serrure digne d’un coffre-fort de la banque de Rothschield.
- Quand tu auras fini, tu descendras qu’on discute un peu.
Ma mère tourna les talons, sortit de ma chambre en laissant la porte grande ouverte, m‘abandonnant là, abattu, abasourdi et surtout rouge comme une plaque électrique en surchauffe.
Il me fallut bien cinq bonnes minutes pour réagir.
Me lever de mon siège, pantelant.
L’armoire à coté de mon bureau ne m’avait jamais paru aussi menaçante depuis que j‘occupais cette chambre. Même tout minot, la nuit, quand terrorisé dans mon lit j’appelai tout doucement ma mère qui me sauverait du monstre qui s’y était planqué.
En cet instant, le monstre avait pourtant le visage de celle qui venait me rassurer durant ces nuits terrifiantes.
J’ai pris une grande bouffée d’oxygène et j’ai ouvert ce maudit placard.
Au milieu de la pile de tee-shirts, à côté du bouquin immonde de Momo, une petite carte de bristol :
" Quand tu auras cinq minutes, Marceau, il faut qu’on discute.
 Signé : Mumm." 

jeudi 23 octobre 2014

Sarah Martin.

Sarah Martin, La mère de Marceau.



Je vous présente Sarah.
La mère de Marceau, Le narrateur et personnage principal de mon histoire.
Sarah et Marceau vivent tous les deux dans un pavillon de banlieue à Pierrefitte. (93)
Elle a la quarantaine depuis peu mais on lui en donnerait facilement 10 de moins. Sauf quand elle rentre du taf, épuisée, à pas d'heure.
Sarah travaille comme infirmière aux urgences de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis.
Je sais pas si vous connaissez, mais moi je peux vous dire que bosser là-bas ça peut vous donner des cheveux blancs.
Parfois même la perruque entière, certaines nuits de pleine lune.
C'est du lourd et du violent.
Sarah a une passion : Les brocantes.
Faut voir ce qu'elle a réussi à entasser dans la cave, un vrai foutoir.
Elle ne peut même plus y garer sa petite Opel Corsa bleue turquoise qui, du coup, collectionne les contredanses sur le pare-brise.
Merci la police municipale. On est vachement contents de payer nos impôts ! On se sent vraiment en sécurité quand vous passez dans la rue armés de votre carnet à souches.
Autrement, Sarah aime l'ordre. La cave est une exception.
Y a rien de plus qui l'horripile que le soin méticuleux de son fils à tout laisser trainer.
Comme une provocation.
Une déclaration de guerre !

dimanche 19 octobre 2014

Chapitre 1 : Ma classe, mes potes, mon prof.



- Mademoiselle Grosseins, venez au tableau et expliquez à ces ignares comment résoudre cette équation, s’il vous plait.
D’un seul coup, le silence s’imposa dans la classe de seconde S1.
Et pourtant, même si une mouche avait eu des flatulences, personne ne l’aurait remarquée.
L’attention était ailleurs.
Et comment !


Il faut dire que Virginie Grosseins portait admirablement bien son nom. Et notre camarade de classe savait parfaitement mettre en valeur sa silhouette avantageuse.
Un petit air de Denise Milani pour les connaisseurs. (Google est votre ami).
La miss s’exécuta donc d’un joli déhanché pour s’extraire de son pupitre, et s’avança vers l’estrade, remontant les rangées d’élèves soudainement devenus muets comme par magie.
Virginie Grosseins occupait la place au fond à gauche de la classe, à côté du radiateur. Non pas qu’elle fut une élève peu studieuse, bien au contraire, mais simplement parce que Monsieur Paturot, le prof de maths, avait décidé de placer les élèves suivant l’ordre alphabétique de leur prénom. Alain à l’avant gauche et Zébulon à l’arrière droite. (hé sérieux, les vieux de Zébulon, c’est abusé comme nom ! Pourquoi pas Zéphirin pendant qu’on y est !)
Un plan de classe comme un autre, assez pratique pour se souvenir des différents élèves. Une sorte d’antisèche pour prof distrait.
Moi, j’occupais une place quelque part au centre. Ce qui me permit d’admirer ma camarade de classe sous tous les angles tandis qu’elle s’avançait. D’abord de face en risquant une luxation cervicale digne de l‘exorciste, (Alerte surchauffe système niveau 10), puis de profil quand elle passa à mon niveau, ( Ventilateurs de secours activés), et enfin de dos, mais quel dos. (Mise en sécurité système avant destruction !)
Admirez la démarche de panthère mes amis, cette allure de star, au ralenti, comme dans la pub pour Dior. J’avale ma salive et je suis à vous tout de suite !
Mon pote Thomas (dit Tomtom), à deux rangs derrière moi en était tout retourné, le pauvre. Bouche ouverte comme pour reprendre sa respiration. Il avait chaud, très chaud même, et ses lunettes s’étaient embuées. Hé, Thomas, active les essuie-glaces, tu vas louper quelque chose !
A côté de moi, Momo mordillait frénétiquement son Bic transformé en sarbacane. Sacré Momo : Un as des as, un sniper, un professionnel de la boulette en papier mâché, capable de vous placer son humide projectile en plein centre du zéro pointé sur sa copie que monsieur Paturot brandissait à titre d’exemple de ce qu’il ne fallait pas faire.
A presque 6 mètres, total respect, non ?
Toute la classe était bouche bée quand Virginie Grosseins venait au tableau.
Même les filles. C’est pour dire. On pouvait lire dans leur visage un peu de jalousie, c’est clair, mais surtout beaucoup d’admiration. Et n’allez pas croire que c’était pour sa facilité à résoudre les équations les plus tordues.
Tiens, si le loup de Tex Avery avait été présent, il nous aurait fait une belle démonstration de borborygmes difficiles à retranscrire par écrit. Tant pis, j‘essaie quand même : « Waoooow!!!! Pshhhhhhh !!!! TAP! TAP! TAP ! »
Le seul dans la classe qui semblait insensible au magnétisme de Virginie Grosseins, c’était le prof. Monsieur Paturot.

Mr Paturot, prof de maths
Un sacré numéro, ce Monsieur Paturot…
Impossible de lui donner un âge. A la louche, une fourchette entre trente ans et 150 siècles. Ça dépendait de l’éclairage. Certains l’appelaient le débris. Pas sympa. Mais il faut dire que le personnage faisait tout pour mériter son surnom.
Un petit bonhomme maigre comme un spaghetti N°5, vouté comme un spaghetti N°5 cuit al dente, Cheveux blancs filasses avec des nuances de jaune qui n’auraient pas connu la mousse du shampoing depuis au moins longtemps. Et la queue de cheval, j’allais oublier, nouée par un élastique miteux, du style : tu touches à l’élastique, il tombe en poussière comme la momie de Toutankhamon que t’aurais eu la mauvaise idée de décrasser au karcher.
Une petite barbichette à la D’Artagnan de la même teinte que sa tignasse séparait son menton en deux parties inégales. (mal centré le ticket de métro)…
Attention, on aborde le plat de résistance : La tenue vestimentaire.
Les lunettes d’abord.
J’ignorais, jusqu’au début de cette année scolaire, que des verres de lunettes aussi épais pouvaient exister. Même le terme de loupes paraissait en dessous de la réalité. Les trucs il avait du les piquer au télescope de l’observatoire le plus puissant du monde, le mec. avec des verres comme ça, il fallait surtout pas qu’il regarde le soleil en face. Ou alors, tant pis pour lui, c’était combustion instantanée assurée.
Je passe rapidement sur le pantalon de toile non identifiée et de couleur non identifiée non plus et dont les ourlets tenaient par miracle grâce à deux morceaux de sparadrap.
Mais le point d’orgue de la panoplie de monsieur Paturot, c’était le teeshirt. Je dis bien LE teeshirt. Car notre cher prof de maths n’en portait jamais d’autre, en tous cas, pas pour aller en cours.
Trois à quatre tailles au dessus. Un pléonasme de dire qu’il flottait dedans.
Tissus 100% usé. Une aération au centimètre carré. (Mites ? Brulures de cigarettes ? Impossible de se faire  une  idée précise). Cependant et malgré tous les orifices accidentels, on reconnaissait encore le motif de façade : Le visage de Newton à demi effacé et tirant la langue, surmonté de sa célèbre maxime : E=MC2.
- C’est pas Newton, c’est Einstein, m’avait dit Thomas, très pointilleux sur le patronyme des grands philosophes.
Newton, Einstein, on s’en fout.
Le plus important est de savoir pourquoi monsieur Paturot, insensible aux atouts de Virginie Grosseins la faisait néanmoins venir au tableau trois à quatre fois par cours ?
Réponse A : Virginie Grosseins était vraiment trop trop balèze en résolution d’équations improbables.
Réponse B : Au moins, quand Virginie Grosseins venait au tableau, c’était dix minutes de silence garanties dans la classe.
Il y a sans doute un peu des deux, mais je penche plus pour la réponse B.

Le silence, donc, s’était abattu sur la classe.
Une mouche passa, péta et en principe, Momo, pourfendeur de mouches qui pètent en plein vol, aurait du la sanctionner d’un tir de DCA humide mais assuré qui aurait clos son parcours zigzagant de manière brutale et définitive. C’est bien court une vie de mouche, surtout si mon pote est dans les parages.
Sauf que là, le Bic sarbacane de mon voisin de table avait rendu l’âme à force de mordillements nerveux. Une écharde de plastique jaune c’était fichée dans sa gencive entre les deux incisives supérieures du tireur d’élite qui ne s’en était même pas rendu compte. 
Dans un silence quasi religieux, Virginie ajusta sa petite robe (Trop courte à mon gout.), (Qui ? Moi ? Non, non, je ne suis pas jaloux.) et s’empara de la craie blanche que lui tendait monsieur Paturot.
Début de la démonstration :
- Pour résoudre fette équafion, il faut d’abord la poser d’une autre fafon.
Pas de faute de frappe ci-dessus, mais juste le petit problème de prononciation de la belle Virginie.

 Virginie Grosseins :Toutes les qualités, sauf un tout petit feveufurlalangue


Un jour, avec Thomas et Momo, il y a quelques années de ça, on avait pris notre courage à deux mains (enfin, à six mains. Deux mains chacun), et on avait été la voir pour lui demander :
- Heu, Virginie, salut, moi, c’est Momo, lui, c’est mon pote Marceau, et l’autre là-bas qui se planque derrière ses lunettes pleines de buée, c’est Thomas.
On avait tiré au sort et c’était Momo qui avait été désigné comme porte parole du groupe. Lourde responsabilité. Surtout quand on connait le tact du personnage.
- Oui, ben ze fais qui vous êtes. On est dans la même claffe, quand même.
Momo ne s’était pas laissé démonter par le petit pic de la future belle qui nous toisait, sourire aux lèvres dévoilant l‘architecture complexe de son appareil dentaire.
- Ah oui, c’est vrai ce que tu dis là. On est dans la même claff heu classe. Tiens, à ce propos, mes potes là, ils voulaient savoir pourquoi tu parlais un peu chelou des fois. On dit pas ça pour dire du mal, hein, c’est juste pour savoir. En fait.
- Non, f’est pas grave. J’ai jufte un petit feuveu fur la langue.
- Ha, OK, avait répondu Momo. L’air de celui qui avait tout compris. Mais nous, avec Thomas, on savait bien qu’il n’avait rien, mais alors, rien compris du tout !
On a même poussé le bouchon un peu plus loin.
Après les cours, direct sur internet pour taper Feveufurlalang sur helpmedoc_please.com. On avait fait croire à Momo que c’était une maladie rare et virulente, qui en plus était hyper contagieuse. Un peu comme le H1N1 mais en pire !
Sacré Momo à taper et retaper Feveufurlalang avec toutes les orthographes possibles et imaginables et pester contre Google qui refusait de lui donner une réponse adéquate.
On s’était bien marré avec Thomas. L’histoire avait duré plusieurs jours. Et Momo avait mis Virginie en quarantaine pendant ce temps, refusant de s’approcher d’elle à moins de dix mètres. De peur de se prendre un poftillon. Trop fort quand même. Un concurrent éliminé.
Yes !
A l’époque, malgré son défaut de prononciation et son armature dentaire entrelacée, j’avais un peu-beaucoup le béguin pour ma camarade de classe qui ne méritait pas encore son patronyme prometteur, d‘ailleurs source de multiples railleries. Et oui, les choses on bien changé. Aujourd’hui, plus personne ne se moque du nom de Virginie, du moins pas devant elle…
Tiens, au passage, c’est juste après cet épisode que Virginie à rejoint notre petit groupe de potes qui devint du coup, le club des quatre du collège Jean Jaurès de Pierrefitte.

Bon, comme l’avait si bien dit la belle Virginie, ce n’était pas grave après tout. Elle avait tellement d’autres atouts depuis le retour des grandes vacances. Il fallait bien un petit défaut, non? Sinon, c’était forcément injuste.
Injuste pour les autres surtout.
Par exemple, prenons monsieur Paturot. On pourrait croire à l'inverse d'elle qu’il n’était qu’un assemblage improbable de défauts cumulés.
Et bien non.
La qualité de monsieur Paturot, j’ai réussi à la trouver.
Ce type, prof de maths, ressemblant à un spaghetti mal cuit est parvenu  non seulement à me faire aimer la lecture, mais en plus me donner l’envie d’écrire des histoires à mon tour.
Mais attention. Pas des trucs de profs justement. Pas des soit disant classiques à mourir d’ennui, avec trop de pages, pas assez de dialogues et des phrases si longues que tu t’endors avant d’arriver au point à la ligne.
Les bouquins de monsieur Paturot, rien que les couvs elle te donnaient envie d’aller voir ça d’un peu plus près. Des vaisseaux spatiaux, des monstres tentaculaires, des belles guerrières qui n’ont pas froid aux yeux. Pas froid ailleurs non plus tellement elles étaient peu vêtues…
Il devait avoir un sixième sens aussi, le prof de math.
C’était en début d’année scolaire que j’ai découvert son jardin secret, à la fin d‘une interrogation écrite particulièrement ardue.
Je me souviens. Tandis que toute la classe tentait de résoudre ses équations laborieuses, lui était plongé dans la lecture d’un gros bouquin de poche.
De loin, la couverture me paraissait indistincte, mais les formes et les couleurs avaient attiré mon attention. On aurait dit une vieille maison hantée qui sortait d'une tapisserie.
Et tandis que je lui rendais ma copie, (pas trop fier du résultat, comme d’habitude), lui me tendait le bouquin qu’il venait de terminer
- Tenez, mon garçon, lisez ça, je pense que ça devrait vous plaire. Les mathématiques, c’est pas votre  tasse de thé, n’est-ce pas ? Alors pourquoi ne pas vous ouvrir d’autres portes ?
Perspicace en plus. Mais bon, il ne fallait pas sortir de Sciences Po pour nous pondre une telle évidence. Les maths et moi, on avait du se croiser un jour, mais voilà, l’histoire n’avait pas été plus loin.
Par contre, son bouquin m’avait vraiment scotché. Carrément.
J'en ai lus d'autres après celui-là. Elric le nécromancien de M. Moorcock, le cycle de Tschaï de J. Vance, Fondation de Asimov, des vieux trucs en fait, voire même des classiques qui m’ont  transporté et m’ont fait changer d’opinion sur la lecture en général.
Mais le bouquin qui a tout déclenché c’était certainement le tout premier.

Pourtant, je l’ai d’abord oublié au fond du sac ce pauvre bouquin. Malmené entre les cahiers, les paquets de biscuits éventrés et les restes d’un vieux sandwich grec qui avait pris une étrange couleur gris vert toxique avec le temps.
La lecture, à part quelques comics que Thomas me refilait avant que ses parents ne tombent dessus, c’était pas trop mon truc.
Je préférai passer mon temps devant l’ordi avec les potes de ma guilde, balayer à grands renforts de boules de feu et d’effets pyrotechniques les boss de pixels des MMORPG où je m’illustrais avec grand brio. Un vrai teigneux du clavier et de la souris. Au grand désespoir de ma mère, bien entendu.
Et puis un jour, la catastrophe ! L’apocalypse ! End of the world en direct sur mon écran !
Plus d’internet. Rien ! Nada !
Une panne qui devait durer 48 heures et s’est éternisée plus de quatre semaines.
Et ça, malgré les lettres recommandées et les coups de fil répétés au service assistance d’un opérateur que je ne nommerai pas.
On a eu droit à :
- Appuyez sur le bouton reset de la box pendant trois minutes en faisant le poirier les jambes écartées.
Puis à :
- Vérifiez que votre hamster n’a pas grignoté le câble d’alimentation  ADSL, c’est que ça bouffe n’importe quoi ces petites bestioles, surtout après minuit, ne jamais leur donner à manger ou à boire passée cette heure…
et enfin, verdict de l’épouvante ultime au bout de quinze jours de relances répétées:
- Votre ligne a été écrasée par un éléphant rose en tutu qui dansait le lac des cygnes après s’être enfilé un magnum de Jack Daniel. Nous mettons tout en œuvre pour rétablir votre connexion au plus vite, mais si j’étais vous, entre nous, changez d’opérateur, ça sera plus rapide…. Au revoir et bon courage. Merci d’avoir choisi Alice. (voilà, c’est dit, pas pu m‘en empêcher !) Ah oui, au fait évitez les insultes, cette conversation est susceptible d’être enregistrée !
Il était arrivé la même histoire à Momo, il y a quelques mois et ça avait duré 8 semaines. Le pauvre, privé de Supersexy.net si longtemps. Aujourd’hui encore, il en parle des larmes dans les yeux.
Shgrrrrogneugneu !!!!!!
Il m’en avait fallu de la volonté pour ne pas la fracasser cette maudite box inutile à grands coups de marteaux.

Rien à la télé ce soir-là. A part Louis la brocante et Joséphine ange gardien.
Misère suprême.
Sans internet, impossible non plus de visionner la dernière saison de GOT en streaming.
La poisse ultime.
Quant à jouer à Wow, j’aurais pu aller squatter chez les potes, mais comme par hasard, un malheur n’arrivant jamais seul, ce soir là j’étais puni. (Ouille ! Ouille ! Ouille ! le dernier bulletin scolaire…)
Et oui, bientôt 15 ans, et pourtant, quand ma mère me consignait dans ma chambre pour cause d’errances scolaires, malgré quelques protestations d’usage, j’obéissais.
A ma place, je pense que Momo aurait crié plus fort que sa daronne, et, rien à péter, aurait claqué la porte en beuglant des trucs que même moi, sérieux ça me choquerait de les penser. Question d’éducation.
Thomas, lui, comment dire, ben, c’était Thomas quoi. Encore un petit garçon. Faut dire qu’il avait un an d’avance notre petit génie. Du coup,  l’internationale de la révolte des adolescents n’était pas encore arrivée jusqu’à chez lui. Ce cher petit Thomas à sa môman et à son pôpa qui collectionnait les jouets kinder surprise et si fier de ses chaussettes Spiderman. La seule entorse aux règlements stricts de ses vieux : les comics qu’il achetait en cachette avant de me les refiler.
Pas de GTA sur la console Nintendo de Thomas. Zelda était toléré. Et encore, pas plus de 45 minutes par jour, après les devoirs et avant le bain. Et le dimanche matin, Zelda, même pas en rêve , pour cause de présence obligatoire à la messe. Bouffer des hosties tous les dimanches, on aurait dit que ça ôtait toute velléité de rébellion chez les jeunes. Une drogue dure ce truc. Ça devrait être interdit aux mineurs.

Ce soir là, vénère, dans ma chambre, sans internet, je fouillais dans mon sac à la recherche du vieux numéro de Playboy que Momo avait subtilisé à son daron.
Et je suis tombé sur le pauvre bouquin que m’avait passé monsieur Paturot.
Pauvre bouquin en effet. Je l’avais oublié celui-là.
On aurait pu croire qu’il avait fait la guerre.
Pages décollées par les miettes de Granola. Pire encore, un morceau de kébab (enfin, pas certain, vu l’état de décomposition du morceau) s’était incrusté sur la couverture à demi arrachée.
On pouvait néanmoins en lire le titre :
Le royaume des devins de Clive Barker.
Le royaume des devins de Clive Barker

Tout un programme.
Un conte étrange. Prenant. Parfois inquiétant aux limites de la fantasy et de l’horreur.
En gros, ça racontait l’histoire d’un peuple ancien doué de pouvoirs surnaturels qui avait trouvé refuge dans la trame d’une tapisserie pour échapper aux persécutions des humains.
Une tapisserie convoitée par des forces obscures.
Le héros, Cal, avait mis la main sur la tapisserie et avait pour mission de sauver le royaume des devins.
Malgré mon envie d‘aller au bout, la fatigue m’avait terrassé au bon tiers du roman me plongeant quasi instantanément dans un rêve rempli de créatures étranges et merveilleuses, de monstruosités obscènes et malveillantes aussi.
J’en était encore tout imprégné quand ma mère me réveilla.
Et, en ce matin brumeux d‘automne, dans le bus qui me conduisait au lycée, j’avais enfin trouvé ma vocation.
Plus tard, quand je serai grand, moi aussi, j‘écrirai des histoires.

samedi 18 octobre 2014

Présentation des personnages






Marceau Martin est le narrateur.
Le héros principal de l’histoire, par la force des choses.
Un jeune adolescent de 14, bientôt 15 ans, un peu geek sur les bords et dont l’idée lui prend un jour d’écrire un roman fantastique.
Il vit dans le nord de Paris, avec sa mère, infirmière aux urgences de l’hôpital de Saint-Denis, dans un petit pavillon de banlieue où il passe bien trop de temps sur des jeux de rôle en ligne avec ses compagnons de guilde.
Oui, enfin, ça, s’était avant que son compte WOW ne soit piraté par une bande de hackers coréens malveillants.



Mohamed Touhari (Momo.)
Momo le rebelle, toujours en quête d’une bonne blague et collectionneur d’heures de colle. Un électron libre et totalement incontrôlable quand lui vient l’idée d’une nouvelle turpitude. Il vit dans une cité typique de la banlieue parisienne avec sa grande sœur et ses parents qui n’en peuvent plus d’être convoqués par Mr O. Piquet, le directeur du lycée Feyder.
Momo adore la musique, sauf le rap, bien plus efficace pour le calmer que la Ritaline qu’il prenait pendant des années.
15 ans de bêtises non stop, ça peut user l’entourage à la longue !


Thomas Pelot (Tomtom)
13 ans. Le plus jeune du groupe, vu qu’il a une année d’avance, ses parents ayant cru malin de lui faire sauter son année de maternelle supérieure.
Thomas est l’intello de service.
Toujours le doigt levé en classe, ( pas le même que son pote Momo, il va sans dire !), avant même que la prof n’aie terminé sa question.
Son point faible, le sport.
Il faut dire que notre Sherlock Holmes en culottes courtes est un peu asthmatique sur les bords. Et c’est donc à grands renforts de ventoline qu’il parvient à terminer son tour de stade en rampant et en sifflant bruyamment.
Thomas habite au troisième étage d’un petit immeuble dans la même rue que Marceau.
Ses parents sont un peu stricts, tendance famille de France avec le crucifix qui trône dans le salon, au dessus de la TV cadenassée.
Il a 2 petits frères et une grande sœur.
Mais Tomtom a un gros vice caché : Il lit en cachette des comics de super héros ! Rhoooo !!!
Vade retro Satanas !


Virginie Grosseins.
Heu, faut-il vraiment la décrire sous toutes ses courbes ou son nom de familles est-il suffisamment parlant pour vous donner une idée précise de sa silhouette avantageuse ?
Sauf que la belle Virginie n’a pas toujours été faite ainsi.
Un vrai garçon manqué avant les dernières grandes vacances, telle une chrysalide, elle a éclos à son retour pour devenir la fille qui fait hurler le loup de Tex Avery.
Aujourd'hui, à bientôt 16 ans,Virginie vit avec sa mère, amatrice du bistouri réparateur, dans une résidence cossue, face au cimetière.
Elle a un gros défaut cependant qu’aucun appareil dentaire n’est parvenu à corriger à ce jour : Un « Feuveufurlalangue. »
Hé, revenez, les mecs, f’est pas contagieux !

Voilà.
Il y aura bien d’autres personnages dans cette histoire que je vous laisse découvrir. Des gentils, des méchants, des qu’on sait pas trop, des qui retournent leur veste…
Je vous laisse donc en compagnie de mes héros.
Marceau, Momo, Tomtom et Virginie.
Nous sommes début octobre, presque un mois après la rentrée scolaire au Lycée Feyder d’Epinay-Villetaneuse, et le prof de maths, Mr Paturot vient juste de démarrer son cours.
Un peu d’attention, SVP, je relève les copies à la fin !




vendredi 17 octobre 2014

Introduction



Ça faisait un bout de temps que l’idée me trottait dans la tête.
Non pas que la narration séquentielle me déplaise à ce jour, mais quand même un peu l’impression d’y être parfois coincé.
Le cadre rigide des cases, le manque de place pour y faire vivre mes personnages, et surtout le temps indéniablement long pour donner naissance à un album BD de 46 pages qui représente tout au plus, une centaine de pages d’un roman, à condition d’en expurger le non essentiel.
Ah, au fait, j’ai oublié de me présenter.
Je m’appelle Franck Tacito.
Je suis né et j’habite dans la banlieue parisienne. Quelque-part au nord de Paname.
Je suis dessinateur, scénariste de bandes dessinées, avec à mon actif une bonne trentaine d’albums. ( 666, Dead Hunter, Magika, Claudia chevalier vampire, Little Alice in Wonderland…)
Je suis également médecin généraliste et j’exerce dans un centre de santé au cœur de la dalle d’Argenteuil.
J’arrondis aussi mes fins de mois comme chippendale dans des soirées privées, anniversaires, enterrement de vie de jeunes filles, barmitz vah… (Gros mytho !)
Et j’ai plein d’histoires dans ma tête.
Tous les jours ou presque une nouvelle saga prend forme, et je sais qu’elle rejoindra le fantômes des projets mort-nés au fond de la boite à idées.
Mais cette aventure que je vais tenter de raconter avec des mots et quelques petits dessins me tenait particulièrement à cœur.
Un petit voyage sur le chemin du passé, où, presque ado, je n’avais qu’un seul objectif en tête :
« Quand je serai grand, moi aussi, j’écrirai des histoires. »

Voilà.
Je vais donc vous laisser en compagnie de Marceau le rêveur, Momo le rebelle, Thomas l’intello et Virginie la bimbo.
Le club des quatre.
Et je vais tenter de leur donner vie pour le meilleur et certainement aussi parfois pour le pire.
A+