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lundi 28 décembre 2015

Chapitre 19 : Coïncidences.



Vous allez me dire, trop c’est trop !
Le tatouage, le même que la fille du jeu vidéo.
Les coïncidences qui commencent à s’accumuler un peu partout, ça fait beaucoup !
Cette histoire qui démarrait de manière banale va bientôt basculer dans le surnaturel si je ne fais pas gaffe. Ça va devenir franchement n’importe quoi.
Ben, je n’y peux rien.
Moi, je raconte juste ce qui c’est passé. Après, si vous ne me croyez pas, c’est votre problème, pas le mien.
Personne vous oblige. Non seulement c’est gratos mais en plus vous râlez ! C’est fou ça, quand même !
Et encore, vous avez rien lu. Ce n’est que le début. Je préfère vous prévenir.
Bon allez, retour à l’histoire :


L’arrivée de cette nouvelle lycéenne obligea la prof d’histoire géo Madame Dagobert à réorganiser le plan de classe. Car Tania, ma nouvelle copine, rencontrée ce matin dans le 354, avait comme par hasard intégré notre section.
La prof la plaça donc, respectant l’ordonnancement immuable qui était en vigueur dans ce lycée, à côté de  ?…
Allez, je vous laisse chercher un peu.
Qu’est-ce qui vient juste après la lettre T ?
Le U.
Oui, bien répondu. Sauf qu’aucun élève du nom de Ursule, Ubert , ou même Ulysse ne fréquentait la seconde S1.
Après le U, vient le V.
Comme Virginie.
Et voilà.
Encore une coïncidence.
Tania et Virginie devinrent donc, et par la force des choses, voisines de classe.
Avouez que c’est un peu fort, quand même.
Thomas qui était juste devant, d’emblée faisait la grimace.
Pouah ! Une satanique dans la classe ! Fallait surtout pas qu’il raconte ça à ses vieux, sinon, c’était lycée privé catho illico au retour des vacances !
Déjà que le Lycée Feyder avait mauvaise réputation avec tous ces gens venus d’on-ne-sait-zoù, si en plus on y acceptait les adorateurs du malin, où allions nous, ma brave dame. Des croix à l’envers allaient fleurir un peu partout. Et dans quelques temps, des messes noires allaient y être célébrées les soirs de pleine lune. Et pourquoi pas des orgies, des sacrifices, voire pire encore : des concerts de « métal » !
Familles de France : réveillez-vous !

- Jeunes gens, Un peu de silence s’il vous plait, fit la prof en tapant frénétiquement son stylo Imitation mont blanc sur son bureau. Nous avons une nouvelle venue depuis ce matin dans notre classe. Je vous demande de l’accueillir sans pour autant en profiter pour semer le désordre. Mademoiselle, levez-vous et présentez-vous, s’il vous plait.
Tania s’exécuta.
Tous les regards convergèrent donc vers le fond de la classe, dans un brouhaha de chuchotements disparates.
Virginie toisa sa voisine des pieds à la tête. Puis de la tête aux pieds. A priori, le look gothique n’était carrément pas sa tasse de thé. Bonjour la grimace, on aurait dit qu’elle venait de découvrir un rat crevé dans son Big Mac.
- Hello tous, je me présente, commença la nouvelle de sa voix douce avec toujours ce léger accent, je m’appelle Tania Mac Leen. Ma famille est originaire d’écosse, mais je vis en France depuis l’âge de 9 ans. J’ai 17 ans…
- Dix-sept ans, chuchota la classe à l’unisson ?
- J’ai 16 ans, bientôt dix-sept en fait et je viens d’emménager à Pierrefitte chez ma tante. J’ai déjà fait la connaissance de gentil Marceau ce matin dans le bus…
Joli sourire, rien que pour moi.
Regard noir de Virginie, (Rien que pour moi aussi.), qui se retourna comme pour contempler une envolée d‘hirondelles à la fenêtre, la tête dans les épaules et le visage certainement boudeur.
Ben quoi, avais-je envie de lui dire, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !
Hé ! Hé ! J’étais aux anges !
- Va te payer une séance d'UV et un relooking chez the kooples, clocharde !
- Voilà, j’espère que vous m’accepterez comme nouvelle camarade de classe. J’ai un  look un peu spécial, je sais, mais je ne suis pas une vampire, la preuve, il fait jour et je ne me suis pas encore désintégrée.


Rires à l’unisson.
Thomas était rassuré, il allait pouvoir économiser son Hostie pour d‘autres circonstances.
Tania se rassit.
- Bien. Merci pour cette agréable présentation pleine de charme et d’humour, mademoiselle Mac Leen, fit la prof. Jeunes gens, nous allons pouvoir commencer notre cours. Je réclame du calme et de l’attention.
La nouvelle arrivante venait de réussir le tour de force de se faire accepter par toute la classe sauf deux, en à peine une minute et trois répliques.
Virginie, coincée près du radiateur, tirait la tronche des mauvais jours, comme si le fait de ne plus être la vedette était la pire des catastrophes qui pouvait lui arriver.
- Aujourd’hui, nous allons parler de la crise polonaise dans les années 80, si vous le voulez bien, prenez votre manuel de géographie page…
Badaboum !
La porte de la classe s’ouvrit brutalement.
Momo, dégoulinant, (la pluie s’était mise à tomber), fit irruption avec la délicatesse qu’on lui connait.
- Désolé m’dame, on a eu un accident avec…
- Quelle excuse ingénieuse allez-vous pouvoir nous donner pour expliquer votre retard coutumier, Monsieur Touhari ? Le dernier mensonge en date était, si mes souvenirs sont bons, une tentative de détournement de votre bus par un groupuscule intégriste désirant se rendre en Syrie…
- On l’a échappée belle, on était bien une cinquantaine d’otages en puissance dans ce bus, aux heures de pointe. Un peu plus et y avait ma tronche au 20 heures avec Claire Chazal !
- Votre sens de la répartie vous sauve une fois de plus d’une entrevue avec votre proviseur préféré, Monsieur Touhari, compatit Madame Dagobert, semblant apprécier la malice de mon pote à sa juste valeur. Cependant, veillez à ne pas pousser le bouchon un peu trop loin, mon jeune ami. Mon sens de l’humour a ses limites que vous avez bien trop souvent tendance à franchir, vous en conviendrez, n’est-ce pas ?
Momo s’assit à mes côtés, imitant à l’aide de sa bouche et de son doigt le bruit du bouchon que, justement, on pousse un peu trop loin. Mais le ploc caractéristique ne vint pas :
L’index coincé dans le recoin latéral droit de son orifice buccal, Il avait remarqué un truc qui clochait dans l’organisation immuable de la classe.
Mais il dut se retourner exagérément pour confirmer son impression première.
- hé, m’dame, c’est normal ? Y a une moukère déguisée en corbeau qui squatte au fond d’la classe !